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Actualité

Un « pacte vert » pour que l’Afrique dépasse la crise et « réduise les inégalités »

Forum de haut niveau Union européenne-Afrique sur l’investissement vert

23 avr. · 19h40

De gauche à droite : le président de la Banque européenne d'investissement, Werner Hoyer, et le ministre d'État et des affaires étrangères, Augusto Santos Silva © Présidence portugaise du Conseil de l'Union européenne 2021 / Pedro Sá da Bandeira

Il est essentiel d’accélérer les nouveaux investissements en Afrique en faveur de la transition verte à l’occasion de la reprise de la crise économique provoquée par la pandémie de COVID-19. Telle a été la position des principaux responsables politiques et financiers qui ont inauguré le Forum de haut niveau Union européenne-Afrique sur l’investissement vert, organisé par la présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne et par la Banque européenne d’investissement, depuis le Centre culturel de Belém, à Lisbonne.

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© Présidence portugaise du Conseil de l'Union européenne 2021 / Pedro Pina

L’Europe doit établir un « partenariat réel » avec l’Afrique, afin de « construire un avenir plus prospère », a commencé par déclarer le ministre d’État et des Affaires étrangères du Portugal. Augusto Santos Silva a signalé que le partenariat doit avoir pour priorité le « renforcement de la transition verte », qui engendre « une opportunité énorme pour la création d’emplois et pour la croissance économique durable, tout en permettant de réduire les inégalités ».

 

Le ministre portugais a affirmé qu’il était nécessaire de « reconnaître que l’Afrique est très peu responsable de l’émission des gaz à effets de serre », tout en étant « l’une des régions les plus affectées par les conséquences du changement climatique. Nous devons remédier à ce paradoxe », a souligné Santos Silva.

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Augusto Santos Silva, ministre d'État et des Affaires étrangères © Présidence portugaise du Conseil de l'Union européenne 2021 / Pedro Pina

Lors de cet événement, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui y a participé via un message vidéo, a suggéré la création d’un Pacte vert pour l’Afrique, à l’image du Pacte vert pour l’Europe. Ce pacte, a argumenté von der Leyen, représenterait l’élément central de la reprise économique. « La transition verte n’est pas seulement un instrument nécessaire pour lutter contre le changement climatique. La transition verte est la plus grande opportunité économique de notre temps et peut constituer le moteur de notre reprise, en Europe et en Afrique à la fois », a-t-elle souligné.

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Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s'exprimant lors du Forum © Présidence portugaise du Conseil de l'Union européenne 2021 / Pedro Pina

Pour sa part, António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a considéré qu’il était urgent d’accélérer l’investissement sur les énergies renouvelables sur le continent africain. « Il s’agit d’une opportunité d’investissement de trois billions de dollars, jusqu’en 2030 », a-t-il dit, ajoutant que, bien que l’Afrique soit la région du globe la plus riche en ressources solaires, elle ne concentre que deux pour cent de l’investissement dans les énergies renouvelables.

 

L’investissement dans ces domaines, a soutenu Guterres, donnera l’élan au « développement des capacités techniques des femmes et des jeunes africains pour de nouveaux postes de travail, ce qui aidera à lutter à la fois contre le chômage et contre la crise du climat ».  

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António Guterres, Secrétaire général des Nations unies, s'adressant aux participants du Forum de haut niveau UE-Afrique sur l'investissement vert © Présidence portugaise du Conseil de l'Union européenne 2021 / Pedro Pina

Le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a affirmé aux investisseurs qu’ils « ne pouvaient pas ignorer l’Afrique ». Le banquier a défendu que « la reprise doit laisser plus de place au secteur privé afin de diminuer la dette des États, et elle doit favoriser une croissance inclusive, dotée de plus d’opportunités pour les jeunes et pour les femmes ».

 

Insistant sur cet appel, Adesina a conclu : « L’Afrique est déjà verte : elle a simplement besoin d’être plus verte, en rassemblant plus de fonds pour soutenir la croissance du continent. Ne pensez pas aux difficultés à faire des affaires avec l’Afrique, pensez plutôt à ce que vous perdez à ne pas en faire. »

 

Le Forum de haut niveau Union européenne-Afrique sur l’investissement vert examine le rôle de l’Europe dans la transition vers une économie verte sur le continent africain.