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Actualités

Les personnes au centre de la transformation numérique

09 mars · 18h40

© Présidence portugaise du Conseil de l'Union européenne 2021 / Pedro Sá da Bandeira

Les changements survenus ces dernières années sur le marché du travail, la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle ainsi que le droit à la déconnexion ont été quelques-uns des sujets au programme de la conférence de haut niveau sur l’avenir du travail, qui s’est déroulée aujourd’hui au Centre culturel de Belém, Lisbonne.


Organisée dans le cadre de la présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne, cette conférence, sur le thème « Le travail à distance : défis, risques et opportunités », a inclus la participation de la ministre portugaise du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité sociale, Ana Mendes Godinho, et du secrétaire d’État adjoint de la ministre, au Travail et à la Formation professionnelle, Miguel Cabrita.

“ Nous avons besoin d’initiatives concrètes et de signes sans équivoque qui redonnent confiance aux Européens en leur montrant que les changements que nous vivons ne constituent pas une menace mais, au contraire, une opportunité pour tous. ”

António Costa, Premier ministre du Portugal

Dans son message de bienvenue, le Premier ministre du Portugal, António Costa, a rappelé que la transition numérique et l’action pour le climat représentaient deux moteurs de la relance économique, auxquels les plans nationaux pour la reprise et la résilience devaient consacrer 20 % de leurs investissements.


Le Premier ministre a également affirmé que le développement du socle européen des droits sociaux était un instrument fondamental permettant de garantir que personne ne soit laissé en arrière au cours de cette double transition.

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© Portuguese Presidency of the Council of the European Union 2021 / Pedro Sá da Bandeira

António Costa a donc salué la présentation, par la Commission européenne, du plan d’action sur le socle social, contenant des mesures quantifiables relativement au taux d’emploi, à la formation, à la lutte contre la pauvreté. Il a déclaré que ce plan d’action serait le thème du Sommet social organisé par la présidence portugaise en mai à Porto, rassemblant les institutions, les partenaires sociaux, la société civile et les États membres.

La croissance des plates-formes numériques

Guy Ryder, directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), a, lui aussi, salué l’initiative de la CE, ainsi que les objectifs établis à l’horizon 2030. Il a encouragé les partenaires sociaux à trouver des mesures garantissant non seulement des conditions de télétravail justes, mais aussi que tous les travailleurs puissent effectivement profiter du droit à la déconnexion.


Rappelant que le télétravail existe depuis plusieurs dizaines d’années sous différentes formes, Guy Ryder a expliqué que la nouveauté réside dans sa croissance et dans ce que l’on nomme la « gig economy ». Ryder a fait référence au Guide pratique sur le télétravail durant la pandémie de COVID-19 et après, récemment présenté par l’OIT. Il a révélé que, ces dix dernières années, le nombre de plates-formes numériques avait été multiplié par cinq au niveau mondial et que cette croissance ne se devait donc pas uniquement à la crise pandémique.

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© Portuguese Presidency of the Council of the European Union 2021 / Pedro Sá da Bandeira

Guy Ryder a cependant insisté sur ce qu’il fallait faire, à mesure que la pandémie reculait : placer les personnes au centre de l’économie. Pour l’OIT, cela signifie créer les politiques adéquates et une règlementation qui protège les droits fondamentaux de tous les travailleurs, indépendamment du statut de leur travail.

Le télétravail dans des conditions adéquates

Le commissaire européen à l’Emploi et aux Affaires sociales a également participé, en format virtuel, à cette conférence, et il a affirmé que la vaccination et le retour à la vie normale n’allait pas entraîner la fin du télétravail, mais que les modes de travail allaient à l’avenir connaître des changements. Nicolas Schmit a toutefois tenu à souligner combien il était important que ces nouveaux modes de travail ne deviennent pas synonymes de précarité. « On ne peut pas abdiquer des conditions de travail dignes en faveur de plus de flexibilité. Ce ne sont pas des éléments qui s’échangent mais qui se complètent », a-t-il affirmé.


Il considère donc qu’il faut des règles claires, et que le travail à distance doit bénéficier des mêmes droits sociaux que le travail en présentiel, car il faut garantir des conditions de travail adéquates, indépendamment des modèles organisationnels.

“ Nous agissons aujourd’hui pour garantir que l’avenir du travail soit digne et c’est ce que nous voulons tous. ”

Ana Mendes Godinho, ministre portugaise du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité sociale

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© Portuguese Presidency of the Council of the European Union 2021 / Pedro Sá da Bandeira

Pour la ministre portugaise du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité sociale, Ana Mendes Godinho, la présentation du socle social des droits sociaux a représenté « un pas décisif pour passer des principes à l’action ». Les changements dans le monde du travail, plus intenses en raison de la pandémie de COVID-19, entraînent le besoin « d’une discussion élargie » sur ce thème.


En effet, Ana Mendes Godinho défend que la « double transition verte et numérique présente un potentiel énorme et véhicule des opportunités. Notamment, les modes de travail qui lui sont associés. Mais elle présente aussi des défis et des risques ». Le travail, en raison de la place centrale qu’il occupe dans la vie des gens, « ne peut être exclu d’un programme axé sur l’innovation, la reprise et la résilience ».


Promouvoir la mise en valeur de l’emploi, le travail digne, le renforcement des droits sociaux, le droit à la confidentialité, des temps de travail et de repos bien définis : autant de facteurs qui rendent les politiques publiques impérieuses.