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Actualité

Le Portugal veut une « coalition de bonne volonté » pour faire avancer le pacte sur la migration et l’asile

05 févr. · 19h50

Eduardo Cabrita, le ministre portugais de l’Intérieur © Présidence portugaise du Conseil de l'UE 2021

Le ministre portugais de l’Intérieur, Eduardo Cabrita, a affirmé aujourd’hui qu’il croyait en une « coalition de bonne volonté entre les pays engagés dans les valeurs européennes » qui permette à la présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne de faire des avancées décisives dans le cadre du nouveau pacte sur la migration et l’asile.



Lors d’une conférence en ligne organisée par le Migration Policy Institute et par la Fondation Calouste Gulbenkian sur le thème « Le chemin à suivre en matière de migrations sous la présidence portugaise de l’Union européenne », Eduardo Cabrita a expliqué que le Portugal a l’intention de faire converger les positions des différents pays afin d’établir un principe de « solidarité obligatoire flexible » pour répondre aux défis que l’Europe affronte en matière de migrations.

“ Il s’agit d’un défi politique et technique très difficile. Mais je suis originaire du même pays que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et le directeur général de l’OIM, António Vitorino. Et ils constituent, sans aucun doute, une bonne inspiration pour ce travail difficile ”

Eduardo Cabrita, le ministre portugais de l’Intérieur

Le Migration Policy Institute (MPI) est un groupe de réflexion, siégeant aux États-Unis et disposant d’une délégation en Europe, qui soutient la recherche et le débat afin d’encourager de meilleures politiques d’immigration et d’intégration. Ont aussi participé à la conférence Monique Pariat, directrice générale de la Migration et des Affaires intérieures de la Commission européenne ; Ulrich Weinbrenner, directeur général pour la Migration, les Réfugiés et la Politique de retour en Allemagne ; et Hanne Beirens, directrice du MPI en Europe. 



Le débat a commencé par tirer les leçons de la présidence allemande concernant le nouveau pacte sur la migration et l’asile et par annoncer les priorités établies par le Portugal pour poursuivre son travail.



« Présenter ce gigantesque paquet législatif sur l’asile et les migrations a représenté un acte de courage politique. Nous reconnaissons les efforts énormes déployés par la présidence allemande », a souligné Eduardo Cabrita. 

Le ministre de l’Intérieur a expliqué que le Portugal va poursuivre ce travail avec les autres États membres, en privilégiant trois dimensions :

  • La dimension extérieure des politiques migratoires, en s’appuyant sur le principe selon lequel la migration est un défi courant en Europe qui doit intégrer le dialogue avec les pays tiers d’origine et de transit, en renforçant la coopération pour le développement, la prévention des voyages dangereux et des traversées irrégulières et l’investissement dans des voies de migration légale.
  • Le contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne, notamment grâce à Frontex, impliquant le renforcement des ressources humaines, financières et technologiques.
  • L’équilibre entre les principes de responsabilité et de solidarité dont tous les États membres doivent faire preuve afin de répondre aux défis migratoires.
“ Nous devons avoir une approche transversale du défi des migrations, car nous vivons une réalité différente de celle de 2015, quand l’Europe n’était pas préparée à la crise de l’époque ”

Eduardo Cabrita, le ministre portugais de l’Intérieur

« Nous devons offrir aux gens un chemin d’espérance, dans une Europe vieillissante. Cela signifie que nous devons agir très durement concernant le trafic d’êtres humains, mais que nous devons ouvrir la voie à des accords de migration légale », a insisté Eduardo Cabrita, en soulignant l’importance de la coopération avec l’Afrique et en rappelant la réalisation, en mai prochain, d’une réunion ministérielle entre pays de l’UE et pays africains sur la gestion des flux migratoires.

 

À propos du pilier de la responsabilité partagée entre les différents pays, Eduardo Cabrita a défendu que « la solidarité ne peut pas être un mot vide, elle ne peut pas être optionnelle ». C’est pourquoi la présidence portugaise va tenter d’établir un « catalogue de moyens de démontrer cette solidarité flexible ».


« Nous réunissons actuellement les briques pour bâtir ce concept », a-t-il conclu.