FR
DSC 5339

Article

Deux cents œuvres de 40 femmes artistes portugaises, de 1900 à 2020

Exposition TOUT CE QUE JE VEUX

06 juin · 10h00

© Fondation Calouste Gulbenkian – Pedro Pina

L’exposition Tout ce que je veux — Artistes portugaises de 1900 à 2020, inscrite au programme culturel de la présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne, est désormais ouverte au public, à la Fondation Calouste Gulbenkian, à Lisbonne.

 

Produites entre le début du XXe siècle et l’actualité, ces œuvres recouvrent différents genres (peinture, sculpture, dessin, objet, livre, azulejo, installation, film et vidéo), formant une exposition qui explore, dans un univers où la grande majorité des figures consacrées sont des hommes, la manière dont les femmes sont passées de muses à créatrices.

 

L’autoportrait d’Aurélia de Sousa, peint en 1900, inaugure symboliquement une nouvelle posture, qui n’est plus de pudeur et d’introspection, mais un exercice consistant à voir et à élargir au monde le spectre de cette vision.

 

Cette œuvre emblématique représente le point de départ d’une réflexion qui suit un ensemble de directions révélatrices d’une volonté d’affirmation : le regard, le corps (leur corps, le corps des autres, le corps politique), l’espace et la manière dont elles l’occupent (la maison, la nature, l’atelier), la traversée des frontières des genres (la peinture et la sculpture, mais aussi la vidéo, la performance, le son) ou la détermination dont elles font preuve en avançant dans l’utopie d’une construction transformatrice, à la fois d’elles-mêmes et de ce qui les entoure.

DSC 5379

© Fondation Calouste Gulbenkian – Pedro Pina

Indépendamment des options artistiques, des sensibilités et des stratégies, le dénominateur commun de toutes ces artistes est la manière singulière dont elles ont réussi à imposer la force de leur voix, obtenant pour certaines une affirmation internationale remarquable et surprenante, aussi bien dans les musées et les institutions, que sur le marché ou sur le plan de la réception critique.

 

C’est le cas de Maria Helena Vieira da Silva, première femme à recevoir le Grand prix national des arts attribué par le gouvernement français, mais aussi de Paula Rego, d’Helena Almeida, de Lourdes Castro, d’Ana Vieira ou de Joana Vasconcelos, dont les parcours ont été largement célébrés et applaudis par leurs pairs internationaux, leur permettant de dépasser les conditions de travail et d’affirmation difficiles qu’elles rencontraient au Portugal.

 

Le titre de cette exposition, Tout ce que je veux – Artistes portugaises de 1900 à 2020, est inspiré de Lou Andreas-Salomé, auteure ayant développé l’une des plus remarquables réflexions sur la place des femmes dans l’espace social, intellectuel, sexuel et amoureux au cours des siècles derniers – un choix qui souligne l’esprit de subtilité, d’affirmation et de pouvoir des artistes montrées.

Captura De Ecrã 2021 06 02, Às 00.51

© Márcia Lessa

À propos de l’exposition

L’exposition est organisée en plusieurs parties, correspondant à divers fils conducteurs guidant le visiteur : Point de départ ; La place de l’artiste ; Féminin pluriel ; Le regard ; La parole ; L’espace de l’écriture ; Construction ; Le vivant ; La maison ; Le politique ; Mémoire collective ; Quotidien vernaculaire ; Théâtre du corps ; Écoute-moi.

 

Ces parcours nous permettent d’accompagner la diversité thématique des artistes et la façon dont leurs univers créatifs ont contribué au débat esthétique et artistique du XXe siècle, ainsi qu’à la discussion sur un certain nombre de questions émergentes de la contemporanéité, comme les droits civiques, la notion de crise, l’écologie, l’identité ou le postcolonialisme.

 

En plein XXIe siècle, rien n’est consolidé en matière d’égalité des genres : ces œuvres représentent l’engagement d’un long effort collectif pour le droit à la pleine existence artistique.

 

En partant de ce postulat, cette exposition met également en avant l’importance du renforcement du modèle social européen, l’une des principales priorités de la présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne, dont la mise en œuvre passe notamment par la lutte contre les inégalités et par la valorisation de la femme artiste.

Captura De Ecrã 2021 06 02, Às 00.55

© Márcia Lessa

« Augmenter la visibilité des femmes dans le secteur culturel et créatif »

La ministre portugaise de la Culture, Graça Fonseca, moteur de cette initiative, souligne combien il est important d’« augmenter la visibilité des femmes dans le secteur culturel et créatif, l’une des priorités politiques de la présidence portugaise du Conseil de l’UE, en favorisant la représentation égalitaire des œuvres des femmes dans les expositions, les musées, les galeries, les théâtres, les festivals et les concerts. C’est la seule manière d’abandonner les rôles rigides et confinés du genre et d’avancer vers une société plus juste pour toutes et tous ».

 

Isabel Mota, présidente de la Fondation Gulbenkian, déclare que, « en plus de contribuer à réparer quelques injustices du contexte historiographique national, cette exposition cherche à comprendre le rôle de premier plan occupé par les artistes portugaises au cours de la seconde moitié du XXe siècle, notamment sur le plan international. Nombre d’entre elles entretiennent une relation de longue date avec la Fondation, en tant que boursières au Portugal et dans des villes comme Paris, Londres ou Munich ».

Captura De Ecrã 2021 06 02, Às 01.21

Ministre portugaise de la Culture, Graça Fonseca © Márcia Lessa

Observant que « la capacité de séduction de ces artistes en dehors du pays s’enracine dans les thèmes et les centres d’intérêt qui les caractérisent, comme la représentation de la femme, l’autoportrait, la condition de la femme, la guerre et l’absence, le colonialisme et le postcolonialisme ou la nature », la présidente de la Fondation Gulbenkian salue ce projet qui « fait découvrir au public national et international la richesse et la diversité de l’œuvre d’un formidable ensemble d’artistes portugaises ».

 

Organisée par Helena de Freitas et Bruno Marchand, cette exposition est une initiative du ministère de la Culture portugais, réalisée sur un projet de la Fondation Gulbenkian.

 

L’exposition sera montrée en 2022 au Centre de Création contemporaine Olivier Debré, à Tours, dans le cadre du programme général de la Saison croisée Portugal-France.

Artistes exposées :

Aurélia de Sousa, Mily Possoz, Rosa Ramalho, Maria Lamas, Sarah Affonso, Ofélia Marques, Maria Helena Vieira da Silva, Maria Keil, Salette Tavares, Menez, Ana Hatherly, Lourdes Castro, Helena Almeida, Paula Rego, Maria Antónia Siza, Ana Vieira, Maria José Oliveira, Clara Menéres, Graça Morais, Maria José Aguiar, Luísa Cunha, Rosa Carvalho, Ana Léon, Ângela Ferreira, Joana Rosa, Ana Vidigal, Armanda Duarte, Fernanda Fragateiro, Patrícia Garrido, Gabriela Albergaria, Susanne Themlitz, Grada Kilomba, Maria Capelo, Patrícia Almeida, Joana Vasconcelos, Carla Filipe, Filipa César, Inês Botelho, Isabel Carvalho, Sónia Almeida.

 

TOUT CE QUE JE VEUX – Artistes portugaises de 1900 à 2020
Commissaires de l’exposition : Helena de Freitas et Bruno Marchand

 

Fondation Calouste Gulbenkian
Siège de la fondation – Galerie principale
Salle des expositions temporaires du Musée

 

2 juin – 23 août 2021

Horaire : 10h-18h
Fermé le mardi

Entrée libre

DSC 5366

© Fondation Calouste Gulbenkian – Pedro Pina