FR
Foto 3 PNA (3)

Actualités

« Charte de Porto Santo » : de la démocratisation à la démocratie culturelle

28 avr. · 17h15

Graça Fonseca, ministre portugaise de la Culture © PNA

Dans le cadre de la présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne, sur invitation du ministère de la Culture du Portugal, le Plan national des Arts a présenté aujourd’hui la « Charte de Porto Santo », un document d’orientation énonçant des principes et des recommandations en faveur d’une pleine citoyenneté culturelle.

 

Cette charte – qui porte le nom du lieu où elle a été présentée, l’île de Porto Santo, à Madère – découle d’un processus participatif en place depuis le début du mois de mars, visant à recueillir les contributions provenant de diverses rencontres avec des représentants des États membres de l’UE et des réseaux et des organisations artistiques et culturelles non-gouvernementales européennes. C’est donc un document dont le contenu et le processus de construction sont en syntonie, se faisant la voix de la démocratie culturelle.

De la démocratisation à la démocratie culturelle

La présentation de ce document clôt la Conférence de Porto Santo, qui s’est tenue les 27 et 28 avril. Sous le titre « De la démocratisation à la démocratie culturelle : réinventer institutions et processus », cette initiative a été l’occasion de débattre de la signification de nos jours de « démocratie culturelle », tout en transformant la périphérie insulaire en un centre de réflexion sur les politiques culturelles à l’intention de l’Europe.

 

À un moment où le secteur culturel, les artistes et les institutions continuent d’être affectées par les conséquences de la pandémie, la Conférence de Porto Santo propose de :

 

  1. promouvoir une vision de la culture qui valorise le pluralisme, la connaissance des publics, l’inclusion, la participation, la cohésion sociale et la citoyenneté, en réfléchissant stratégiquement au rôle du croisement entre les politiques de culture et d’éducation
  2. encourager le développement des institutions culturelles sur les territoires de l’éducation et celui des institutions éducatives dans les pôles culturels
  3. réfléchir sur la manière dont les institutions culturelles et leur offre contribuent (ou non) à une société plus démocratique et plus libre, ainsi qu’à la manière dont elles favorisent l’accès à la culture, pour le public et pour les producteurs
  4. développer un cadre conceptuel et des recommandations pratiques adressés aux divers secteurs d’intervention (gouvernements, institutions et société civile) afin d’orienter des pratiques culturelles plus inclusives et plurielles, valoriser la diversité culturelle et la production de communautés si souvent marginalisées
  5. faire un débat critique sur les possibilités et les défis de la relation entre les arts, le patrimoine et les moyens numériques
  6. publier un document de référence, la « Charte de Porto Santo », qui établisse les principes directeurs et des recommandations visant à promouvoir la démocratie au cœur des institutions culturelles et donnant lieu à une plus grande participation et à plus d’émancipation des citoyens.

 

Cette conférence, en format hybride (présentiel et numérique), a inclus la participation de responsables politiques nationaux et européens des secteurs de la culture et de l’éducation, ainsi que celle de deux des philosophes les plus influents de notre temps, Jacques Rancière et Chantal Mouffe ; de la spécialiste de la relation entre les arts et l’éducation, Maria Acaso ; de deux personnalités de référence dans le domaine des institutions culturelles post-coloniales et inclusives, Wayne Modest et Maria Lind ; et de plusieurs orateurs reconnus pour leur expérience dans la relation entre les arts, le patrimoine et les territoires numériques.

 

Elle a également pu profiter de la présentation et de la réflexion sur la pratique

« artiviste » de l’artiste cubaine Tania Bruguera, entre autres projets artistiques aidant à penser la relation entre l’art et la communauté.